MEDITERRANEE : prévisions de mai à juillet très pessimistes, intempéries.
Nos prévisions saisonnières, que vous retrouvez par ailleurs au sommaire de notre site, font état depuis plusieurs semaines déja d'une saison printemps - été dominée par de fréquentes perturbations dans le sud-ouest de l'Europe, en particulier sur le pourtour du bassin méditerranéen.
Une dépression sur l'Espagne :
Le scénario météo envisagé initialement s'est rapidement concrétisé depuis le début du printemps : l'air froid en provenance de l'Atlantique Nord s'écoule vers le golfe de Gascogne et passe sur les Pyrénées. Le résultat, c'est la formation d'un fort contraste thermique au-dessus de la péninsule Ibérique et de la Méditerranée. Ainsi, une dépression se forme au niveau des Baléares, entraînant dans son mouvement rotatif, la remontée d'orages en direction de la Sardaigne, Corse et Alpes du Sud. Ce contexte est propice aux chutes de neige tardives et abondantes sur les Pyrénées, et aux fortes précipitations sur le bassin de la Méditerranée..
Un contexte climatique inhabituel :
Depuis le début de l'hiver, ce scénario s'est produit à intervalles réguliers. Alors que l'Europe du nord restait sous l'influence dominante de l'anticyclone et d'un froid plutôt sec, les perturbations balayaient le pourtour méditerranéen jusqu'en Afrique du Nord, qui connut l'un des hivers les plus froids de ces cinquantes dernières années. Ainsi, l'enneigement sur les montagnes du Maroc et de l'Algérie a été considérable jusqu'à basse altitude (parfois jusqu'à 50 cm de neige à 800 m d'altitude sur les montagnes du Rif et du Moyen Atlas). Cette configuration se poursuit en ce printemps, avec encore des chutes de neige jusqu'en début Mai sur les montagnes de l'Aurès en Algérie..
Neige au Maroc, chaleur en Allemagne :
Cette fin Avril illustre parfaitement cette situation : alors que la France est balayée par des perturbations pluvio-orageuses et que la neige tombe encore en abondance sur les Pyrénées dès 1300 m d'altitude, l'air froid s'écoule encore vers le Magrheb. Mais, par effet de vases communiquants, cela propulse l'air chaud saharien de la Libye aux Balkans jusqu'en Europe Centrale, qui connaît l'un de ses printemps les plus chauds depuis 2O ans, de la Bulgarie à l'Autriche et au sud de l'Allemagne. La zone de contact (le front froid) se situe sur l'Italie, la Corse et la chaîne alpine, où les orages sont particulièrement fréquents..
Orages, vent et fraîcheur dans le sud :
Cette semaine, l'on attend de fortes intempéries sur la mer Tyrrhénienne, l'Italie et la Corse, puis sur les Balkans. Avec le vent du sud, c'est presqu'un épisode de Sirrocco qui menace la mer Adriatique avec un risque de surcôte (élévation du niveau de la mer) et d'inondations littorales, tandis que les fortes pluies conjuguées à la fonte des neiges vont gonfler les cours d'eau descendant des Alpes.
Selon nos prévisions saisonnières, ce scénario climatique semble devoir prédominer pour le printemps et la première moitié de l'été. Outre le risque de violents orages ponctuellement dévastateurs, la persistance d'une dépression sur la péninsule ibérique et d'une succession de fronts orageux à répétition sur les pays riverains de la Méditerranée (dont le sud de la France) pourrait conduire à des températures restant inférieures aux normales et à des précipitations supérieures de l'ordre de 200 à 300 % (notre carte). Les neiges pyrénéennes pourraient alors passer l'été bien au-delà des normes à haute altitude....
Pourquoi?
Ce phénomène d'un " été pourri " dans le sud n'est pas inexplicable. Cela se produit par cycles en moyenne tous les 15 ans. A titre d'exemple, les étés 1977 à 1981 ont été particulièrempent frais et humide dans le sud de la France (Mai 1977 : routes bloquées par la neige en Auvergne, et inondations estivales sur le bassin de la Garonne; été 1981 : neige sur les massifs dès 16OO m d'altitude). On peut expliquer une telle situation par une oscillation Nord-Atlantique faible : les vents dominants restent orientés au nord-ouest et la fraîcheur s'écoule vers le sud de la France et l'Espagne, réactivant les orages au-dessus de la Méditerranée. (1988, été frais, fut aussi l'année des orages dévastateurs sur Nîmes).
D'autres explications plus pointues mettent en cause les cycles solaires et leur variabilité naturelle, impactant le climat. Les éruptions volcaniques, avec leurs panaches de cendres propulsés dans la haute atmosphère, peuvent aussi conduire à des refroidissements temporaires..